Table ronde Alliance SIH

Construire un modèle français de la donnée et de la recherche

La table ronde qui a suivi a donné corps à cette ambition. Autour de Monique Sorrentino (CHU de Grenoble Alpes), du Pr Vincent Vuiblet (CHU de Reims), de Cécile Badiola (Heva) et de Frédéric Collet  (FIAC), les intervenants ont esquissé les leviers d’une recherche clinique souveraine et collaborative, où la donnée devient un bien commun.

L’intelligence artificielle, accélérateur de la recherche

« L’IA transforme déjà la recherche clinique », a expliqué le Pr. Vincent Vuiblet, PUPH CHU de Reims et Directeur de l’Institut d’Intelligence Artificielle en Santé Reims Champagne Ardenne.

Elle permet d’identifier plus vite les patients éligibles, d’alimenter des cohortes de maladies rares ou encore de constituer des bras témoins synthétiques. Mais au-delà de l’outil, c’est une nouvelle manière de penser la recherche : « L’IA elle-même devient un objet de recherche médicale. »

À Reims, son institut d’intelligence artificielle en santé développe des algorithmes pour le diagnostic, la chirurgie assistée, la formation ou la prévention.

« Nous avons par exemple conçu un modèle capable d’identifier les patients à risque de complications sous anticoagulants, pour les orienter vers une consultation préventive. »

Pour lui, le carburant de cette transformation reste la donnée : « Elle doit être qualifiée, interopérable et multicentrique. »

C’est l’enjeu du projet FEDATA, soutenu par La Poste Santé & Autonomie, qui relie les 32 CHU afin de mutualiser les données cliniques dans un modèle fédéré, au service de la recherche et de l’IA de confiance.

Un réseau des CHU en mouvement

Monique Sorrentino, Directrice Générale du CHU de Grenoble Alpes, a confirmé cette dynamique : « Nos systèmes de santé doivent s réformer. Et les données sont une lueur d’espoir. »

Les CHU, soutenus par l’État, ont développé des entrepôts de données de santé et s’engagent dans FEDATA pour bâtir un guichet national, capable d’identifier rapidement les sources disponibles et d’associer les équipes compétentes.

« Nous voulons un modèle fédéré, non centralisé, qui puisse s’étendre aux autres établissements et à la médecine de ville. »

Elle a souligné aussi la porosité entre les données primaires et secondaires : « Pour réutiliser la donnée, il faut d’abord bien la produire. » L’ambition est claire : embarquer l’ensemble du territoire, y compris les acteurs libéraux, pour développer une recherche en prévention, en prédiction et en suivi des maladies chroniques.
« Les CHU sont prêts à aller très fort sur ce sujet.»

La souveraineté, entre défense et attractivité

Pour Frédéric Collet, président de la FIAC (Filière IA & Cancers), la souveraineté ne doit pas être vue uniquement sous un angle défensif :« Protéger notre trésor, c’est essentiel. Mais il faut aussi le rendre attractif et compétitif. »

La FIAC, née il y a quatre ans, repose sur trois piliers : un acteur de référence (l’INCa), une base de données solide (les registres de cancer) et un collectif public-privé capable de décider et d’agir ensemble.

« Ces acteurs, souvent concurrents, choisissent ensemble les projets à mener et partagent leurs résultats. C’est inédit et c’est ce qui renforce la souveraineté. » Ce modèle pourrait être dupliqué dans d’autres domaines, notamment les maladies rares – avec l’Institut Imagine et la BNDMR (Banque Nationale de Données Maladies Rares) – ou à l’échelle européenne.

«Seule, la France ne peut rivaliser avec les États-Unis ou la Chine. L’avenir de la recherche clinique sera européen. »

La souveraineté, entre défense et attractivité

Pour Frédéric Collet, président de la FIAC (Filière IA & Cancers), la souveraineté ne doit pas être vue uniquement sous un angle défensif : « Protéger notre trésor, c’est essentiel. Mais il faut aussi le rendre attractif et compétitif. »


La FIAC, née il y a quatre ans, repose sur trois piliers : un acteur de référence (l’INCa), une base de données solide (les registres de cancer) et un collectif public-privé capable de décider et d’agir ensemble.

« Ces acteurs, souvent concurrents, choisissent ensemble les projets à mener et partagent leurs résultats. C’est inédit et c’est ce qui renforce la souveraineté. »


Ce modèle pourrait être dupliqué dans d’autres domaines, notamment les maladies rares – avec l’Institut Imagine et la BNDMR (Banque Nationale de Données Maladies Rares) – ou à l’échelle européenne.

« Seule, la France ne peut rivaliser avec les États-Unis ou la Chine. L’avenir de la recherche clinique sera européen. »

Entre diagnostic et ambition, les échanges d’Horizon Santé 360 ont dessiné un chemin clair pour refonder la souveraineté scientifique française :
• réduire les freins réglementaires,
• accélérer la décentralisation,
• fédérer les acteurs autour de la donnée,
• investir dans l’IA et les infrastructures souveraines,
• et bâtir des alliances public-privé durables.

« Il ne s’agit plus seulement de protéger nos données, mais de les faire rayonner. » conclut Frédéric Collet.

Et Anne-Laure Dreno de résumer : « Si nous savons mobiliser nos forces collectives, la France peut redevenir le leader européen qu’elle mérite d’être. »

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